B1 bis Cambodge

 Article, montage et photos de Jérome Trombetta (Darkwolf) 

 

Je n’étais jusqu’à ce jour pas très attiré par les véhicules à chenilles, privilégiant plutôt ce que l’on appelle "soft-skins".

Pourtant, enfant, un membre de la famille me parlait de son char, un B1bis nommé "Cambodge". J’avais à l’époque entendue pas mal d’histoire sur son char "Renault", mais je ne m’étais jamais vraiment penché dessus.

Puis Tamiya a sorti un kit, attendu depuis des années par les aficionados du matériel Français. Une arlésienne que plus personne n’espérait depuis bien longtemps. Le B1bis.

J’ai donc décidé de profiter de la sortie de ce kit, pour rendre une sorte d’hommage à ce vétéran, et essayer de reproduire son char tel qu’il était à l’époque ou il le pilotait.

 

Le kit Tamiya est une bonne base. J’entends par là que "sorti de boîte" cela reste une bonne maquette, facile à travailler, et avec un bon rendu final.

Libre à chacun selon ses motivations ou ses envies de le détailler ou non. Le but de cet article n’étant pas de prôner telle ou telle pratique. Notre hobby est avant tout une passion, où chacun trouve son plaisir dans le montage de son choix

Concernant le futur Cambodge, toutes les améliorations ou modifications apportées à la maquette seront issues de récupérations ou faites « maison », aucun apport  du commerce. C’est un choix personnel.

 

Dans un premier temps, j’ai essayé de recouper le plus d’informations sur les B1bis en général. en regroupant les différents ouvrages où le sujet est abordé. Ceci devait à la base concerner surtout l’aspect technique du char, le camouflage, les décorations et les détails divers étant laissés à la mémoire du vétéran..

Je me suis aidé aussi de la notice de la marque réactualisée par F. Soulier, qui regroupe les modifications principales à apporter au kit Tamiya.

 

 

La Tourelle

 

Le travail va débuter par la tourelle contrairement à ce que propose la notice, l’assemblage de celle-ci ne pose aucuns problèmes.

Les parties supérieures et inférieures de la tourelle sont collées entre elles, mais ne sont pas mastiquées. Le joint est d’ailleurs légèrement creusé après séchage, afin d’y glisser un fin morceau de plastique étiré destiné à représenter le léger joint visible sur certaines tourelles de B1bis. N’ayez pas la main lourde, ce n’est pas une soudure sur du matériel Soviétique.

La tourelle est ensuite légèrement enduite de colle liquide, et tapotée avec un pinceau brosse afin de la texturer. Un léger ponçage au papier de carrossier atténuera l’effet s’il est trop prononcé.

L’assemblage du tourelleau nécessite de bien soigner le joint. Six trous de 8/10 de mm sont percés sur son sommet. Un léger fraisage de ceux-ci permet de mieux visualiser le travail final. Une tige de profilé plastique de section ronde, fendue à son sommet est enfoncée dans chaque orifice, afin de simuler les têtes de vis. C’est là que le fraisage intervient permettant de faire ressortir, à l’œil, le travail effectué.

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Trois trous de 8/10 de mm sont percés sur le sommet de la tourelle.

Le travail  pour représenter les vis étant le même que celui pour le tourelleau, je ne reviendrais pas dessus. Le même travail est à prévoir sur le masque du canon de 47mm. Les trous cette fois-ci correspondant au diamètre de la pièce Tamiya.

La mitrailleuse de 7,5mm est percée.

 

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Avec le recul, je dirais que le diamètre des trous est peut-être trop important compte tenu de l’échelle. A vous de voir, en ce qui me concerne, tant pis, c’est fait.

Trois petits crochets, fabriqués en étiré sont fixés sur le tourelleau en se référant à diverses photos. Une fine bande de papier de 5/10 de mm de large, enduite de colle liquide est apposée sur la partie basse du tourelleau. Neuf rivets de petite taille sont finalement récupérés (au lieu des onze fixés dans un premier temps) sur un kit plastique représentant un pont métallique au 1/87è. Ils sont ensuite répartis et collés d’après photo sur la bande papier. Le fait d’avoir enduit celle-ci de colle liquide permet de les fixer comme n’importe quelle autre pièce plastique.

 

Le volet du périscope du tourelleau est fixé en position ouverte.

Après consultation du vétéran, l’affût pour l’armement anti-aérien à l’arrière de la tourelle est arasé.

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La Caisse

On passe ensuite à la caisse du blindé en suivant les différentes phases de la notice Tamiya.

Pour ma part jusqu’à la phase 6 de la notice je me suis contenté de peu de modifications/améliorations.

Je me suis arrêté tout d’abord sur la protection de la mitrailleuse de caisse que je trouve grossièrement représentée sur la maquette.

Je l’ai arasée, et remplacée par une autre, travaillée dans un morceau de barquette en Aluminium. Au final, on y gagne peu par rapport à ce qu’on en voit, le seul avantage c’est qu’elle ne fait plus bloc avec le blindage avant. Et puis surtout, je sais que c’est plus « conforme » à l’original. Je sais, je chipote…

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La seconde consiste à affiner les jupes de protection des roues. Celles ci sont à la base en caoutchouc, et sont à mon goût représentées trop épaisses sur le kit.

On continue le travail sur la caisse en perçant les trous comme le préconise la notice. Penser à évider les zones correspondant aux goulottes d’évacuation des boues.

Tamiya a marqué ces zones sur la partie interne de la caisse, mais celles ci ne sont pas évidées. C’est de toutes façons rappelé sur la notice de F. Soulier.

Concernant la phase 8 de la notice, je me suis juste attelé à affiner les goulottes d’évacuation arrière, représentées respectivement par les pièces B3 et B4.

Les barbotins ne sont pas fixés pour faciliter la phase de peinture, et la caisse supérieure, n’est pas encore apposée sur sa partie inférieure afin de faciliter les manipulations futures.

On s’attaque alors à une longue partie de plaisir. Ajouter sur la caisse les 2 rangées de rivets omises par Tamiya. Il faut veiller à ne pas les mettre dans le même axe vertical que les rivets des flancs de caisse. Leurs emplacements sont marqués au crayon sur la caisse. Les rivets sont faits à l’aide d’un punch & die hexagonal dans de la carte plastique de 2/10 de mm d’épaisseur.

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Je les fais à la main, cela permet de les bomber légèrement, il faut donc veiller à peindre une face de la carte plastique d’une couleur différente, afin de repérer le sens avant le collage.

J’avais dans un premier temps aligné tous les rivets sur un même axe longitudinal. Et puis une âme charitable (merci Stéphane) m’a montré que j’avais commis une erreur. Le premier rivet (sur l’avant du char) est positionné plus à l’extérieur.

Une cornière découpée dans un profilé plastique en « L » est collée de chaque côté du char, en avant de la goulotte d’évacuation. Deux rivets sont rajoutés afin de figurer les fixations de celles-ci. Une fois ce fastidieux travail terminé, j’ai repris chaque rivet en y déposant un peu de colle liquide au pinceau afin de bien fixer le tout.

Il convient dans le même temps de supprimer la plaque rajoutée par Tamiya sur le dessus de la caisse à l’arrière de l’emplacement de la tourelle. Je retrace au crayon les emplacements des futurs rivets, et je retourne de nouveau cannibaliser les rivets de ce pauvre pont.

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J’en profite pour fabriquer l’isolateur a l’aide de petits tronçons de tige plastique, le tout enduit de mastic dilué à l’acétone afin de bien unifier l’ensemble et je le colle sur la caisse.

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Le Cambodge portant le numéro 212 et étant à la base équipé d’une motorisation de B1, j’ai donc tout naturellement opté pour une plage moteur à éléments séparés. Je me suis basé sur le plan visible dans le "Trackstory", et sur une page (La page 35) en particulier de l’article de M.. Vauvillier tiré du "Histoire de Guerre n°77". On y voit clairement deux plages moteur de B1bis.

S’en suit un repérage sur la maquette, puis un traçage des futurs éléments composant cette fameuse plage moteur. Un petit coup de pointe à tracer permet de représenter les jointures des plaques. On trace de nouveau au crayon, les emplacements des futurs rivets qui devront agrémenter cette nouvelle plage. Nouvelle cannibalisation du pont tiré de la boite à rabiots, et on recolle le tout, en veillant bien à l’alignement.

Cette modification implique de rajouter de fines bandes de carte plastique le long des entrées d’air mobiles, afin que les rivets ne se retrouvent pas à fleur de plaques.

Je rajoute dans le même temps, une petite plaque ovale sur la caisse, et je m’attaque au rail de protection du câble de l’antenne. Celui ci est retaillé et mis en forme dans un profilé plastique en "U" et remplace le modèle du kit dont les montants sont conservés. Un fin câble de cuivre est passé et prend place d’un côté sur l’isolateur, l’autre côté restant volant pour le moment.

Je délaisse momentanément la caisse pour affiner les garde-boue qui sont finalement fixés à la caisse. L’échappement est posé dans la foulée, ainsi que le carter de protection de l’antenne. Celui-ci est décalé légèrement vers l’arrière après avoir été équipé d’un socle et de cinq renforts taillés dans de la carte plastique.

La porte supérieure arrière est fixée, avec sa plaque de renfort affinée et agrémentée de nouveaux rivets. (

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On passe maintenant au capot du pilote. Tamiya a oublié de représenter la fente de vision sur le côté droit de celui-ci, on veille à palier ce manque.

On soigne les joints des pièces ou on use de mastic pour lier le tout. J’ai décidé à ce moment de figurer la tête de la vis de l’axe sur lequel s’articule la porte supérieure du capot. Le travail est similaire à celui déjà effectué sur la tourelle et son tourelleau pour représenter les têtes de vis.

Comme signalé sur la notice de F. Soulier, un rivet est retiré, et les bords du capot sont rectifiés pour figurer le modèle à bords francs.

Le périscope est percé et mis en place.

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Les deux parties de la caisse sont collées et la plaque avant est rajoutée avec son phare équipé sur sa partie arrière d’une petite tige filetée avec un écrou à 4 branches.

La porte latérale voit son système d’ouverture modifié, en élargissant simplement le diamètre du trou, afin d’être en conformité avec le modèle représenté. La main courante est quant à elle refaite en fil de cuivre afin de gagner en finesse.

Le masque du canon de 75mm est traité au mastic dilué à l’acétone et est percé de 6 trous figurant l’emplacement des fixations du système de protection.

Une petite plaque ronde et percée en son centre est collée sur le dessus du masque. Une queue de cochon en fil de cuivre y prend place.

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Des rivets de petite taille sont finalement rajoutés dans les emplacements creusés par Tamiya sur l’avant du char. Le tout retouché au mastic/acétone.

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Deux questions se posent maintenant. Le Cambodge est équipé d’une seconde antenne à l’avant. Antenne qu’il ne gardera pas longtemps d’ailleurs. Mais quel est son système de fixation et ou passe le câble ?

En attendant une réponse, je m’attaque à l’arrière du char, et à cette fameuse prise qui a fait couler tant d’encre.

Ce n’est pas un feu, soyons sérieux, on monte un char pas une guirlande. Les feux de position sont blindés et montés sur les flancs du char. Ce sont ces pièces de formes rectangulaires et percées qui surplombent les supports de chandelles. Enfin, passons, de toutes façons, le Cambodge n’est d’après les dires du vétéran pas équipé de prise. Celle figurant sur le kit est donc arasée et un rivet la remplace.

Les crochets et les équipements arrières sont fixés, de petites goupilles sont confectionnées en étiré et collées sur les manilles.

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Les échappements du Cambodge sont de type C2 (courts, buses courbes avec capots raccourcis). Je décide afin de gagner en finesse de refaire les capots en feuille d’alu. Ceux-ci sont agrémentés chacun de quatre rivets figurant les fixations. Les buses sont mises de côté en attendant d’être modifiées.

Le plus gros du travail effectué, je me repenche donc sur les antennes. L’embase de l’antenne proposée par Tamiya est trop « raide », cela ne correspond pas à ce que l’on peut voir sur les photos. J’avais bien entendu parler d’une technique visant à remplacer les soufflets par les coudes des pailles, mais je ne suis pas à l’aise avec cette façon de procéder.

J’ai donc opté pour une série de disques taillés à l’emporte pièce et glissés sur un axe. La forme générale du soufflet sera ensuite travaillée tout d’abord au milliput, puis peaufinée avec le mélange mastic/acétone. Seule la partie supérieure de l’antenne est récupérée sur la pièce Tamiya, puis greffée sur ce nouveau soufflet. Le tout est ensuite fixé dans son carter de protection.

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N’ayant pas eu l’information attendue sur le système de fixation de l’antenne supplémentaire, je me suis basé sur les quelques photos glanées sur Internet. J’ai extrapolé une fixation sur laquelle a pris place, en sa partie supérieure, les restes de l’antenne du kit. Une protection (en tissu ?) prendra place dessus par la suite, ce qui cassera ses formes trop nettes. Pour la partie inférieure, une série de petits disques fini de lui donner sa forme conique d’où partira un morceau de fil de cuivre. D’après les souvenirs du pilote, le câble longe la paroi et pénètre au niveau du canon de 75mm. Ca reste vague…

 

Une fois le travail effectué je passe une couche d’apprêt de marque Tamiya en bombe de couleur grise.

J’ai décidé de tenter un pré ombrage, mais en variant un peu la technique de base. A savoir plusieurs voiles dilués (voir très dilués) de la peinture de base en la fonçant à chaque passage et en réduisant la zone de peinture.

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Viens ensuite la teinte de base… Composée d’un mélange de 3 teintes Tamiya. , Desert Yellow (XF-59), Dark Yellow (XF-60) et Flat White (XF-2). Les proportions importent peu, le principal consistant à avoir une teinte plausible et réaliste. De toutes façons chercher la teinte exacte est utopique, alors pourquoi se compliquer. Les jus et filtres divers, le vieillissement et l’empoussièrage finiront de faire varier la teinte.

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FIN de la Première partie

 

Je me suis basé principalement sur ces sources. Cette liste n’est pas exhaustive, chacun ayant ses propres références.

      - Chars B au Combat – de Stéphane Bonnaud (Histoire & Collections)

-  Histoire de Guerre n°76 – Article pages 36 à 49 sur le Char B de F. Vauvillier

- Histoire de Guerre n°77 – Article pages 26 à 37 sur le Char B de F. Vauvillier

- Profile AFV Weapons n°58 – du Major James Bingham (Profile Publications)

- Trackstory n°3 – Les chars B de P. Danjou (Editions du Barbotin)

- http://www.chars-français.net

 

 

Sans oublier le Caporal-chef Henri Chauvreau, (ancien pilote du Cambodge) et son Journal de Marche de la Compagnie…

 

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